La fête de Pâques
Mort et résurrection de Jésus-Christ :
Épicentre de l’œuvre salutaire de Dieu
Le point de départ de la grâce salutaire de Dieu est la prise de conscience que le salut de l’homme par l’homme est une impasse qui souvent, dans l’histoire, a conduit les hommes à la catastrophe. Le prophète Jérémie, prophète de l’exil, l’a proclamé (Jérémie chapitre 17) : « 5Ainsi parle le SEIGNEUR : Maudit, l’homme qui compte sur des mortels : sa force vive n’est que chair, son cœur se détourne du SEIGNEUR. » Plus loin il précise : « 7Béni, l’homme qui compte sur le SEIGNEUR : le SEIGNEUR devient son assurance. 8Pareil à un arbre planté au bord de l’eau qui pousse ses racines vers le ruisseau, il ne sent pas venir la chaleur, son feuillage est toujours vert ; une année de sécheresse ne l’inquiète pas, il ne cesse de fructifier. » Encore un peu plus loin, Jérémie fait cette prière pour le peuple qui vit une période de jugement : « 14Guéris-moi, SEIGNEUR, et je serai guéri ; sauve-moi, et je serai sauvé, car c’est toi mon titre de gloire. »
Sans conscience que seul le SEIGNEUR peut sauver, la grâce restera hélas inopérante.
La démarche de repentance, suit alors cette prise de conscience. Et c’est L’Esprit du SEIGNEUR qui convainque l’homme de péché. Jésus disait à ses disciples (Jean 16,8) : « 8Et lui [l’Esprit Saint], par sa venue, il confondra le monde en matière de péché, de justice et de jugement ; ». Cette parole est en écho à celle du prophète Ezéchiel qui annonçait à Israël, dans une perspective messianique (Ezéchiel 36) : « 27Je mettrai en vous mon propre Esprit, je vous ferai marcher selon mes lois, garder et pratiquer mes coutumes. (…) 31Vous vous souviendrez de vos mauvais chemins et de vos actions qui n’étaient pas bonnes. Le dégoût vous montera au visage à cause de vos péchés et de vos abominations. »
Or, cette miséricorde du SEIGNEUR, son investissement dans le salut de l’homme, la grâce salutaire, coûte cher, très cher. Le péché de l’homme, de chacun d’entre nous, est meurtrier, directement ou indirectement, que ce soit notre propre mort ou celle de notre prochain. Tel est le sens des sacrifices d’expiation prescrits par Moïse. Le péché de celui qui offre un sacrifice d’expiation coûte une vie innocente (Cf. Lévitique 4 et 5, etc…). Lévitique 4 : « 27Si c’est un homme du peuple qui pèche par mégarde, qui viole un seul des commandements négatifs du SEIGNEUR et se rend ainsi coupable, 28si on lui fait connaître le péché qu’il a commis, il amène en présent une chèvre, une femelle sans défaut, pour le péché qu’il a commis ; 29il impose la main sur la tête de la victime sacrifiée pour le péché et il égorge ladite victime au même endroit que l’holocauste ; » C’est dans ce geste que le pécheur est amené à prendre conscience de la dimension meurtrière de son péché.
Depuis la prêtrise de Jésus, depuis le don de sa vie sur la croix en victime innocente d’expiation, les sacrifices ne sont plus requis pour la réparation des péchés. Le don volontaire de la vie de Jésus sur la croix représente le prix de la réparation du péché des hommes, et même de toute la création.
C’est dans cette grâce offerte que se trouve notre rédemption, notre pardon et notre guérison spirituelle. Une libération qui affranchit de la peur du jugement et de la mort.
C’est dans cette grâce que se trouve la réconciliation entre le Créateur et sa création : entre le Créateur et l’humanité, et par conséquent entre les hommes eux-mêmes et entre les hommes et la création.
Une grâce qui coûte le sang de l’Innocent, la vie du Juste offerte pour tous. Que le SEIGNEUR nous préserve d’une grâce à bon marché, qui déresponsabiliserait l’homme devant son prochain et devant le SEIGNEUR.
Une grâce sans limite ?
Certains interrogeront : la grâce de Dieu est-elle sans limite ? Jésus enseignait à ses disciples un pardon illimité, à l’image de la miséricorde d’Adonaï. (Matthieu 18) « 21Alors Pierre s’approcha et lui dit : « Seigneur, quand mon frère commettra une faute à mon égard, combien de fois lui pardonnerai-je ? Jusqu’à sept fois ? » 22Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. »
Jésus sur la croix dit (Luc 23.34) : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. »
Il a cependant fait une mise en garde à prendre très au sérieux. Il s’agit du péché contre l’Esprit. Jésus dira que tous les péchés seront pardonnables, dans ce monde ou dans le monde à venir, même le blasphème contre le Père, ou contre le fils unique Jésus. Mais pas le péché contre l’Esprit. En quoi consiste-t-il alors ? Nous ne nous en tiendrons qu’à ce que nous en dit l’évangile : Il s’agit d’attribuer au diable une œuvre bonne venant manifestement de Dieu, par orgueil spirituel, au motif de ne pas perdre son autorité et ses privilèges religieux. Il s’agit alors d’une inversion des valeurs, entre ce qui est bien et ce qui est mal, par intérêt, en toute connaissance de cause. (Marc 3. 22-30).
Que Dieu, dans sa grâce, nous préserve de cet orgueil, et nous donne d’accueillir sa grâce salutaire, garantie par la résurrection de Jésus.
Belle fête de Pâques à tous,
JDC